La Pépite du Bac : "Beach House" de Beach House !

 

Le premier album de Beach House, sorti en 2006, est une véritable invitation à rentrer dans la tête pleine d'imagination de Victoria Legrand. Le premier morceau "Saltwater" démarre par le son brut d'une boîte à rythmes avant d'être rejoint par des accords plaqués de synthétiseur et des arpèges de guitare. Cette intro, c'est ce qui fera la marque de fabrique du groupe et à ce stade, la chanteuse n'a plus qu'à poser sa voix de contralto (la plus grave des voix de femme) pour nous envoûter complètement. 

 

On garde cette ambiance intimiste avec "Tokyo Witch" et ses percussions qui soutiennent les arpèges de guitare d'Alex Scally, le second versant du groupe. Selon Victoria, "trouver son âme soeur musicale est bien plus difficile que de trouver son partenaire amoureux"et on comprend alors son attachement au musicien qui l'accompagnera sur les 6 prochains albums du groupe.

C'est encore lui qui contribue à l'ambiance mélancolique de "Apple Orchard"avec ses slides de guitare qui viennent compléter la voix désabusée de la chanteuse. Cette chanson est une bonne mise en bouche pour le morceau qui suit, "Master Of None", l'un des plus beaux moments de l'album qui ferait honneur à l'oncle de la chanteuse, le grand compositeur Michel Legrand. Une chanson qui aura marqué plus d'une personne, quand on sait qu'elle a été samplée par le rappeur The Weeknd, reprise par Toro Y Moi avant de servir de titre pour la série Netflix à succès de l'humoriste Aziz Ansari.

L'album prend un ton encore plus grave avec le son presque sinistre du clavecin sur "Auburn and Ivory"où la chanteuse semble s'adresser à la petite fille dépressive qu'elle était, celle qui écrivait pour mettre des mots sur sa tristesse. C'est ce même thème de l'enfance qui est repris sur la chanson suivante "Childhood" mais celle-ci prend des airs de ritournelle avec ses paroles empreintes de nostalgie qui se démarquent de l'ambiance pesante du morceau précédent. Cette douceur atteint un nouveau cran avec "Lovelier Girl" est ses paroles pleines de sensualité: "il n'y a rien de plus beau sur terre que de te faire l'amour". 

On quitte cette légèreté avec "House On The Hill" qui, avec ses percussions inquiétantes et son angoissant son de clavier, nous évoque une maison hantée. Le groupe va encore plus loin avec le dernier morceau "Heart And Lungs" qui contient en fait une chanson cachée, "Rain In Numbers" qui démarre à la 5ème minute. C'est avec ce son brut de piano et de voix languissante que le groupe clôture l'album et conserve tout son mystère.

Notre photo du groupe lors de son passage au casino de Paris (juin 2016)

Valentin, pour Le Bruit du Sillon

valentin@lebruitdusillon.com

  • Spotify Icône sociale
  • Facebook Social Icône
  • Instagram
  • Youtube

© 2019 - Le Bruit du Sillon -  844 903 286 R.C.S Nanterre