La Pépite du Bac : "My Woman" d'Angel Olsen !

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On va vous parler d'un album conçu pour être écouté en vinyle. Comme Angel Olsen le dit elle-même: "sur une face, c'est comme si vous abordiez la journée avec plein d'optimisme et avec l'envie d'essayer quelque chose de trépidant. Mais après, si les choses venaient à se calmer et que vous ressentiez l'envie d'être plus introspectif, alors vous écouteriez la face B."

La chanteuse a d'abord surpris tout le monde en juin 2016 quand elle a sorti le clip pour la chanson d'ouverture de l'album "Intern". Avec la perruque argentée de la musicienne et les sons de clavier dignes des années 80, les fans de la première heure ont cru qu'elle allait opérer un changement à 180 degrés dans sa carrière musicale.

On est rassuré dès le second morceau avec "Never Be Mine" puis par "Give It Up" qui semblent être dans la continuité de l'album précédent "Burn Your Fire For No Witness" et nous rappellent des titres comme "Forgiven/Forgotten". Les enchaînements d'accords de guitares saturées sont encore une fois mis à l'honneur et librement inspirés du rock grunge du début des années 90. 

 

Avec sa voix imposante, Angel y exprime sa frustration amoureuse, un thème omniprésent sur l'album. Une frustration qui atteint son comble avec "Not Gonna Kill You", une chanson qui monte en pression et explose dans un déluge de guitares et d'envolées lyriques. 

 

Cependant, ce serait oublier un des moments forts de l'album, "Shut Up Kiss Me". Si les riffs saillants de guitare et l'énergie de la chanteuse sont toujours aussi présents, elle parle cette fois-ci de ses déceptions amoureuses avec plus de légèreté et ressort sa perruque et même ses rollers dans un clip où elle semble s'affirmer pleinement.

     

Le titre "Heart Shaped Face", possible clin d'oeil à "Heart Shaped Box"de Nirvana, fait figure de transition avec ceux de la face B. Les riffs de guitare et les lignes de basse sont dans la même veine que sur les morceaux précédents mais le ton de la chanteuse s'est adouci. Elle va plus loin avec "Sister", l'un des morceaux fleuves de l'album qui monte graduellement en énergie mais se veut aussi très introspectif.

Le très nostalgique "Those Were The Days" reste dans le registre de la ballade mais change complètement de style. Le son de caisse claire plein de reverb, les guitares toutes en trémolo et la douceur du clavier lui donnent une couleur soul. Angel chuchote plus qu'elle ne chante comme si elle était dans un rêve éveillé et qu'elle cherchait à s'accrocher à une période révolue.

Après cet intermède, elle nous livre son second morceau fleuve et le plus abouti de l'album "Woman". Le son d'orgue qui ouvre la chanson nous plonge dans l'univers envoûtant et mélancolique de la chanson. Angel Olsen y évoque, comme elle le dit elle-même: "le désordre complexe de la condition de femme" et ce sont les riffs de guitare qui entrecoupent le morceau alliés à sa puissance vocale qui l'illustrent.

Le dernier titre de l'album "Pops"fait donc figure de calme après la tempête de "Woman". A travers cette ballade, elle nous montre ses capacités au piano alors qu'on l'a surtout connu en tant que chanteuse et guitariste. Comme sur des titres comme "Acrobat" de son premier album "Half Way Home", elle nous montre que même réduite au plus simple appareil, elle peut révéler l'ampleur de son talent.

 

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Notre photo d'Angel Olsen lors de son passage à la Gaïté Lyrique (novembre 2016)

Valentin, pour Le Bruit du Sillon

valentin@lebruitdusillon.com